Archive for category Citations

Date: juin 6th, 2010
Cate: Citations

Autodafé de bits

Je m’auto-cite, parce qu’on est jamais mieux servi que par soi-même :
Graoumpfh.
J’ai beau avoir fait des études d’histoire, je ne suis pas attaché au support papier. Pour le moment, j’aime le papier, parce qu’il est le seul à me permettre de glisser plein de marque-pages partout (je déteste corner les pages), parce que je peux le photocopier et souligner des passages (je déteste souligner dans le texte original, c’est mon côté pudique, j’aime la virginité du support papier, son aspect presque muséal). Mais je ne me masturbe pas intellectuellement avec le plaisir que je pourrais tirer d’un contact érotisé avec le papier — parce que le papier des livres de poche, c’est un peu comme les pu*ains bas de gamme, pour filer la métaphore graveleuse, et mon plaisir, je l’ai dans ce qui est écrit sur ce papier, et là oui, je peux peut-être aller jusqu’à l’orgasme.
Donne-moi les liens hypertexte que je réclame depuis des années, à la fois pour naviguer dans un bouquin et entre les bouquins (et qui commencent à arriver, merci les applications iPad dans le genre de Wired), et donne-moi un système d’annotations ouvert et intégré au format ePub, et je fais un autodafé. Les déménagements seront plus faciles — et Farenheit 451 rendu impossible, mais je divague. J’aime la perfection du livre numérique, mais comme toi, il me manque le fait de pouvoir le partager, et d’être certain qu’il ne me sera toujours acquis (ce qu’on appelle la conservabilité dans le jargon).
Dire que nous sommes condamnés au neuf, c’est déjà penser comme certains éditeurs veulent que tu penses : il faut payer pour lire tout livre. Nous ne sommes pas condamner à payer pour lire, et ton Bouvard et Pécuchet, il est sur l’iPad, et je l’ai eu gratuitement. Je suis disposé à payer pour les œuvres qui viennent de sortir, car il faut rétribuer l’auteur (la question du prix que je considère « juste », c’est une autre affaire). Je suis disposé à une offre d’abonnement ou une sorte de licence globale pour les œuvres encore protégées par le droit d’auteur, parce que quand même (la question du fait que l’abonnement est la clef, c’est une autre affaire, mais j’en reparlerai).
Pour ce qui est du domaine public, gratuité. Parce que la littérature devrait être d’utilité publique. Et parce que cette gratuité, en plus de l’ouverture technique (abandon des DRMs, format commun aux spécificités ouvertes), garantit la portabilité et surtout la conservabilité, par la variation infinie des sources d’approvisionnement : c’en est presque fini du monopole des vendeurs de bouquins — y compris d’occasion, ces « arnaqueurs » qui te font croire que tu achètes des bouquins pas cher. Elle fait disparaître la notion de rareté, elle fait disparaître la notion de catalogue, elle fait disparaître la notion même d’édition, pour redonner à l’œuvre elle-même le rôle central. Chaque lecteur pourra être éditeur, si nous arrivons à mener cette révolution, et non pas à la subir comme nous avons subi le passage à la musique en ligne (et non pas numérique : la musique numérique, c’est dès le rouleau de cire, ça fait du 1880, je crois).
J’y vais fort, mais c’est parce que sinon, ce serait embêtant de me lire.
— Réponse à David Bosman, « Sommes-nous condamnés au neuf ? »
La réponse de la réponse, pour référence ultérieure :
Oh non, relis-moi, je pense que l’éditeur est utile : c’est lui qui trie le bon grain de l’ivraie, qui prend le risque financier pour l’auteur, qui permet la distribution de l’œuvre, et qui assure sa promotion.
Cependant plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’il faudrait qu’il y a une sorte de délai pendant lequel l’éditeur peut toucher les fruits de son travail (et l’auteur, forcément), après lequel l’œuvre ne vit plus que par elle-même — disons le temps que l’œuvre est couverte par le droit d’auteur.  Je crois que c’est depuis que Freud est tombé dans le droit public que je me dis qu’il y a parfois de l’abus de la part des éditeurs, qui en ont profité pour sortir plein d’édition sans autre plus-value que l’étiquette, même si certains ont fait quelque chose de très intelligent avec son œuvre, profitant de l’occasion pour dépoussiérer les traductions. Mais la version originale devrait être déposé dans une sorte de pool, où elle serait disponible gratuitement, dans un format ouvert et supporté par tous, téléchargeable et distribuable par tous, et j’en passe.
Libre à toi de payer pour une œuvre éditée (c’est à cet endroit là qu’on devrait pouvoir s’abonner), ou au contraire de préférer la version originale, la première édition, gratuite et considérée comme faisant partie du domaine public, d’intérêt général pour une sorte de culture mondiale — le pool d’œuvres publiques ne pouvant connaître que des ajouts, et jamais aucune suppression, le pool d’œuvres publiques devant être décentralisé et dupliqué sur plusieurs milliers de serveurs, le pool d’œuvres publiques étant comme une bibliothèque géante et globale, à cela près que les œuvres ne pourraient jamais être dégradées par le temps et la bibliothèque détruite (d’où mon truc avec F451 : non seulement tu ne pourras plus brûler de papier, mais la suppression d’un bouquin numérique sera rendue impossible par l’ouverture du fond, sa déconcentration et sa décentralisation).
Je sais pas si tu comprends bien l’idée, il faudrait que j’en fasse un long article chez moi, avec forces diagrammes. Je réfléchis depuis suffisamment longtemps à la question pour être à peu près sûr d’avoir répondu à toutes mes objections personnelles sur un tel sujet, et donc peut-être à plein d’objections. Maintenant, est-ce que ce genre de projet est réalisable, c’est une autre question. Mais si je peux aider, je ne dis pas non.
Date: juin 2nd, 2010
Cate: Citations
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Pourquoi un iPad et un Mac mini sont le futur de mes besoins informatiques

Three years ago when I bought the iMac, I dismissed the mini as too weak and actually looked at a Mac Pro. At one point, I thought about going to a “one Mac” solution and getting a 17” MacBook Pro, but the arrival of the iPad has made me totally reevaluate my computing needs and realize that — at least for me — a desktop powerful enough for my needs (which today’s Mac mini is) plus an iPad is a better trade off than a powerful portable computer.

Je me suis longtemps fait la même réflexion sur l’utilité ou non d’un Mac Pro — le Mac mini, finalement, répond parfaitement à mes besoins, même s’il finira par avoir le droit à son SSD avant la fin de l’année.

Hier, le MacBook Air est parti vers de nouveaux horizons. iPad et Mac mini sont donc la base de mon système informatique (je ne compte pas le serveur sous Linux qui prend la poussière). Je les utilise exactement comme dit Steve Jobs : le Mac mini est le hub digital autour duquel tourne l’iPad (Steve Jobs, interview à la D5), et le Mac mini est un camion, station de travail qui n’est utile… que lorsque j’ai besoin de multitâche (Steve Jobs, interview à la D8). Ce qui ne veut pas dire que je ne travaille pas avec l’iPad : je l’ai déjà dit, l’effet tunnel du monotâche de l’iPad rend productif.

Je vous ai dit que je pense qu’Apple tient quelque chose ? ;-)

TUAW via Minimal Mac via Léo

Date: avril 8th, 2010
Cate: Citations

Nouvelle religion

We just shipped it on Saturday, and we rested on Sunday

— Steve Jobs, à propos de l’iPad

Ça me rappelle ça.

Date: avril 5th, 2010
Cate: Citations
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Théorie du complot

YouTube - Twitter in Plain English.jpg

C’est pourtant bien connu : Twitter a été créé par des éléments franc-maçons de la CIA aux ordres de Bush et de sa société secrète dont le but est de voler les réserves pétrolières du Moyen-Orient pour les transformer en Coca-Cola spécial dont la promotion sera faite par le biais de Twitter, et qui relancera l’économie américaine quand Obama aura été chassé du pouvoir grâce à une procédure d’impeachment proposée par Palin la-maman-qui-aime-le-hockey-et-qui-chasse-le-dimanche-et-qui-serait-un-super-président.

Ce qu’il ne faut pas entendre…

Date: avril 5th, 2010
Cate: Citations

Sexualité et religion

Dans cette perspective, le chapitre consacré au péché et à la sexualité (ajouté dans cette nouvelle édition) se révèle passionnant : l’auteur nous explique comment le récit de la chute en Gn marque davantage l’exercice d’une pleine liberté chez l’homme que le poids d’un péché. Désobéir à Dieu permet en fait à « l’homme d’asseoir  sa liberté, en transgressant son commandement « . Or, c’est précisément cette liberté qui le conduira à l’autonomie sexuelle (en l’affranchissant du cycle de la reproduction) mais aussi, on le sait, à la mortalité. On comprend dès lors combien le discours de l’Eglise, initié par Paul, selon lequel la sexualité serait intimement liée au péché, témoigne d’un aveuglement herméneutique : la sexualité, abusivement associée à la nudité (« et ils connurent qu’ils étaient nus »,Gn 3, 7), n’est pas la conséquence de la désobéissance divine mais plutôt l’expression d’un plein accès à l’humanité : en effet, prendre conscience de sa nudité, c’est avant tout s’arracher à l’ordre naturel, se dé-naturer pour dépasser la dimension purement biologique de l’homme au profit de la dimension culturelle. Ainsi, comment ne pas voir, du livre de la Genèse à celui du Cantique des Cantiques, comme l’expression d’un cheminement qui mène l’homme de la découverte de la sexualité à celle du plein épanouissement érotique, véritable hymne à la liberté et au plaisir ?

— extrait du résumé de Thomas Römer, Dieu obscur : cruauté, sexe et violence dans l’Ancien Testament, Genève, Labor et Fides, 2010 par Stéphane Briand sur NonFiction

Le premier qui me dit que cette vision sur la sexualité est irrecevable parce qu’elle émane d’un protestant, je lui en met une. Et il sait très bien qui il est, ce premier ;-)

Date: mars 6th, 2010
Cate: Citations

« au bout de toute peur, il y a la liberté »

Date: février 13th, 2010
Cate: Citations

« …l’expression “le compas dans l’œil”, j’vois l’image, ça m’écœure… »

— André Sauvé

Date: janvier 13th, 2010
Cate: Citations

Comment démocratiser l’accès aux Grandes Ecoles ? « Réélitisons » le lycée !

Très belle analyse de Pierre Rochette (ancien de l’ENS, CNRS), et pas forcément politiquement correcte. Je partage totalement son avis, mais on me taxera, comme à chaque fois que je m’exprime sur le sujet, d’élitisme, moi le petit-fils d’immigré et le fils d’ouvrier :

« La solution paraît évidente : il faut permettre à nouveau aux enfants intellectuellement doués d’accéder à l’excellence sans forcément l’aide de parents privilégiés (et ainsi de briller en classe prépa ou à l’université) en leur fournissant un enseignement à leur niveau au collège et au lycée. C’est tout simple à faire : établir une classe d’excellence par année dans chaque lycée et collège de France et de Navarre. Ainsi, un enfant doué du « 93″, plutôt que de rêver à une chimérique place à Louis-le-Grand pourra s’épanouir en étanchant sa soif d’apprendre dans le lycée de son quartier. Cette solution simplissime en apparence demande un immense courage : mettre à bas le tabou absolu de l’Education nationale et accepter qu’il existe des enfants intrinsèquement plus capables que d’autres intellectuellement et que, sans sélection (je demande pardon aux âmes sensibles pour avoir accentué ce terrible gros mot), le rendement global du système, qui propose le même cursus à des enfants de QI inférieur à 80 ou supérieur à 120, est très fortement dégradé, au détriment à la fois des plus forts et des plus faibles. »

Je n’ai qu’une objection à faire : là où il pointe le rendement, notion détestable, je mettrais en avant le simple épanouissement intellectuel. Le collège et le lycée sont mortellement ennuyants pour un élève « doué ».

— Pierre Rochette, « Comment démocratiser l’accès aux Grandes Ecoles ? « Réélitisons » le lycée ! »

Date: janvier 13th, 2010
Cate: Citations

« we have evidence to suggest that a primary goal of the attackers was accessing the Gmail accounts of Chinese human rights activists. »

Official Google Blog, « A new approach to China »

De quoi se rappeler que le plus « grand » pays du monde est toujours une dictature, et pas la plus sympathique de toutes (et accessoirement, que Google est doucement culotté et n’hésite pas à s’indigner, en grande partie pour la forme, mais ça, on le savait déjà).

Date: janvier 5th, 2010
Cate: Citations

« Les passions s’emballent, car en France, l’histoire est avant tout un récit national qui se sent menacé. Elle est au coeur de cette identité nationale qu’Eric Besson a jugé bon de mettre en débat, avec les résultats calamiteux que l’on observe. Quand le pouvoir ne met pas en scène une vision héroïque de l’Histoire, à fort tropisme nationaliste et néocolonialiste, il fait flotter un parfum populiste, anti-intellectualiste qui n’arrange pas les choses. Si l’on doit ouvrir un débat sur l’histoire, alors, parlons de son contenu, des changements dans ses conceptions, de sa place dans la société, de sa signification pour la nation, et pas seulement du nombre d’heures qui lui sont consacrées ici ou là. »

« le chercheur produit des connaissances qui ont toujours une dimension critique, mais dont il admet qu’elles puissent être utiles. »

Michel Wieviorka, « La société attend des individus qui savent réfléchir », LeMonde.fr