Date : 5 juillet 2010
Catégorie : Théories fumeuses
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La province, mode d’emploi, introduction

Je viens enfin de comprendre quelle est la vraie différence entre Paris et la « province ». Ce n’est pas le climat, ni le degré d’urbanisation, ni même l’accent et le patois local. C’est simplement le degré de vie privée que vous pouvez préserver.

À Paris, l’anonymat est roi, chacun est étranger aux autres, et peut-être un peu à lui-même. Ici à Lyon, pourtant une grande (petite) ville, tout le monde se parle. Il a suffi que j’enlève mes écouteurs dans le bus ce matin pour qu’on me demande un renseignement, que je suis bien incapable pour le moment de fournir.

Mon interlocuteur en déduit donc que je suis nouveau, et commence donc une discussion abracadabrantesque. En tendant l’oreille, ce sont en fait des dizaines de fragments de conversations d’inconnus que l’on peut capter, sans la lassitude qui s’est installée chez le Parisien, assailli de questions par les provinciaux donc, mais aussi par les touristes — il faut parler au moins trois langues pour être un vrai Parisien. Et tout vrai parisien profitant d´une offre d´hotels pas chers à Lyon, aura peut-être la chance de se sentir revivre quelques instants.

Lyon pourrait donc bien être le remède à mon agoraphobie légère — mais mes écouteurs sont vraiment, vraiment de bonne qualité, et j’ai de la musique en retard ;)

Date : 20 juin 2010
Catégorie : Théories fumeuses
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La fin du courriel ? Non, la fin du piratage

Croisé sur le blog de David, une réflexion sur ce que les comportements des adolescents d’aujourd’hui nous apprend sur leurs comportements de futurs adultes, à partir d’une phrase de la DG de Facebook, Sheryl Sandberg.

Si vous voulez savoir ce que des gens comme nous feront demain, il faut observer ce que font aujourd’hui les adolescents. Et les dernières études montrent que seulement 11% des adolescents utilisent les mails de manière quotidienne. La période «je ne peux pas imaginer ma vie sans les e-mails» est probablement révolue.

— Sheryl Sandberg, cité dans « Bye bye le mail ? », Slate

David dit : « Enfin bon, je me dis aussi que demander à quelqu’un de chez Facebook son avis sur l’email, c’est un peu demander à Microsoft ce qu’il pense de l’iPad ou de Apple et s’il lui voit un avenir ». C’est peut-être là qu’il faut s’arrêter. Dire que les adolescents n’utilisent pas l’e-mail, c’est d’une stupidité sans nom.

Il est possible qu’une majorité d’adolescents n’utilisent pas l’email, du moins techniquement pas, si l’on considère que l’email requiert SMTP et une jolie adresse avec « @ » dedans.

Si l’on s’arrête à ce qu’est un email, « un service de transmission de messages envoyés électroniquement via un réseau informatique (principalement l’Internet) dans la boîte aux lettres électronique d’un destinataire choisi par l’émetteur » me dit Wikipedia, alors ils passent leur journée à s’envoyer des emails, y compris et peut-être surtout par le biais de leur messagerie Facebook, ou Twitter. Et même d’une vraie boîte mail, comme leur boîte Hotmail, à en juger par le nombre de chaînes débiles que je reçois encore.

Tout ça pour dire que peu importe la technologie, seul compte l’usage — ou plutôt la facilité d’utilisation.

Je clavardais sur IRC, j’ai clavardé sur MSN, puis AIM, maintenant sur Skype. J’ai abandonné la liberté technique et une absence de contrôle a priori pour une plus grande facilité d’utilisation, l’audio et la vidéo.

Nos jeunes utilisent l’email, mais ils utilisent la forme la plus simplifiée d’email, celle où leur destinataire n’est pas une adresse mais un nom, où le carnet d’adresses s’appelle la liste d’amis, où l’agenda s’appelle les événements.

Les plus techniques de ces jeunes utilisent certainement IRC pour y trouver les scans de leurs mangas favoris, n’ont pas de compte Facebook et utilisent les labels de Gmail comme j’utilise les macros MarsEdit. Ceux-là sont instoppables, et c’est tant mieux, ils représentent la continuation d’un certain esprit de rébellion qui a présidé à la conception de l’Internet tel qu’il existe actuellement — certains parlent de culture hacker, je préfère parler d’une culture de l’ouverture et de l’échange.

Les autres, la majorité, peut-être 89 %, sont dans une logique de consommation, d’échanges plus passifs, et iront toujours vers la solution la plus simple d’utilisation, et la plus répandue (appelez ça l’effet mouton). Si une plateforme proposée à un prix raisonnable est la plus facile d’utilisation, alors ils iront dessus.

Rien ne sert de vouloir limiter le piratage techniquement, les barrières seront toujours brisées. Il faut le combattre commercialement. La plus grande réussite de l’iTunes Store, c’est qu’il est plus facile à utiliser que Limewire, pour des résultats meilleurs quoique payants. Laissez grandir nos adolescents, juste assez pour qu’ils deviennent encore un peu plus paresseux qu’ils ne le sont, et le piratage sera de l’histoire ancienne.

Date : 6 juin 2010
Catégorie : Citations

Autodafé de bits

Je m’auto-cite, parce qu’on est jamais mieux servi que par soi-même :
Graoumpfh.
J’ai beau avoir fait des études d’histoire, je ne suis pas attaché au support papier. Pour le moment, j’aime le papier, parce qu’il est le seul à me permettre de glisser plein de marque-pages partout (je déteste corner les pages), parce que je peux le photocopier et souligner des passages (je déteste souligner dans le texte original, c’est mon côté pudique, j’aime la virginité du support papier, son aspect presque muséal). Mais je ne me masturbe pas intellectuellement avec le plaisir que je pourrais tirer d’un contact érotisé avec le papier — parce que le papier des livres de poche, c’est un peu comme les pu*ains bas de gamme, pour filer la métaphore graveleuse, et mon plaisir, je l’ai dans ce qui est écrit sur ce papier, et là oui, je peux peut-être aller jusqu’à l’orgasme.
Donne-moi les liens hypertexte que je réclame depuis des années, à la fois pour naviguer dans un bouquin et entre les bouquins (et qui commencent à arriver, merci les applications iPad dans le genre de Wired), et donne-moi un système d’annotations ouvert et intégré au format ePub, et je fais un autodafé. Les déménagements seront plus faciles — et Farenheit 451 rendu impossible, mais je divague. J’aime la perfection du livre numérique, mais comme toi, il me manque le fait de pouvoir le partager, et d’être certain qu’il ne me sera toujours acquis (ce qu’on appelle la conservabilité dans le jargon).
Dire que nous sommes condamnés au neuf, c’est déjà penser comme certains éditeurs veulent que tu penses : il faut payer pour lire tout livre. Nous ne sommes pas condamner à payer pour lire, et ton Bouvard et Pécuchet, il est sur l’iPad, et je l’ai eu gratuitement. Je suis disposé à payer pour les œuvres qui viennent de sortir, car il faut rétribuer l’auteur (la question du prix que je considère « juste », c’est une autre affaire). Je suis disposé à une offre d’abonnement ou une sorte de licence globale pour les œuvres encore protégées par le droit d’auteur, parce que quand même (la question du fait que l’abonnement est la clef, c’est une autre affaire, mais j’en reparlerai).
Pour ce qui est du domaine public, gratuité. Parce que la littérature devrait être d’utilité publique. Et parce que cette gratuité, en plus de l’ouverture technique (abandon des DRMs, format commun aux spécificités ouvertes), garantit la portabilité et surtout la conservabilité, par la variation infinie des sources d’approvisionnement : c’en est presque fini du monopole des vendeurs de bouquins — y compris d’occasion, ces « arnaqueurs » qui te font croire que tu achètes des bouquins pas cher. Elle fait disparaître la notion de rareté, elle fait disparaître la notion de catalogue, elle fait disparaître la notion même d’édition, pour redonner à l’œuvre elle-même le rôle central. Chaque lecteur pourra être éditeur, si nous arrivons à mener cette révolution, et non pas à la subir comme nous avons subi le passage à la musique en ligne (et non pas numérique : la musique numérique, c’est dès le rouleau de cire, ça fait du 1880, je crois).
J’y vais fort, mais c’est parce que sinon, ce serait embêtant de me lire.
— Réponse à David Bosman, « Sommes-nous condamnés au neuf ? »
La réponse de la réponse, pour référence ultérieure :
Oh non, relis-moi, je pense que l’éditeur est utile : c’est lui qui trie le bon grain de l’ivraie, qui prend le risque financier pour l’auteur, qui permet la distribution de l’œuvre, et qui assure sa promotion.
Cependant plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’il faudrait qu’il y a une sorte de délai pendant lequel l’éditeur peut toucher les fruits de son travail (et l’auteur, forcément), après lequel l’œuvre ne vit plus que par elle-même — disons le temps que l’œuvre est couverte par le droit d’auteur.  Je crois que c’est depuis que Freud est tombé dans le droit public que je me dis qu’il y a parfois de l’abus de la part des éditeurs, qui en ont profité pour sortir plein d’édition sans autre plus-value que l’étiquette, même si certains ont fait quelque chose de très intelligent avec son œuvre, profitant de l’occasion pour dépoussiérer les traductions. Mais la version originale devrait être déposé dans une sorte de pool, où elle serait disponible gratuitement, dans un format ouvert et supporté par tous, téléchargeable et distribuable par tous, et j’en passe.
Libre à toi de payer pour une œuvre éditée (c’est à cet endroit là qu’on devrait pouvoir s’abonner), ou au contraire de préférer la version originale, la première édition, gratuite et considérée comme faisant partie du domaine public, d’intérêt général pour une sorte de culture mondiale — le pool d’œuvres publiques ne pouvant connaître que des ajouts, et jamais aucune suppression, le pool d’œuvres publiques devant être décentralisé et dupliqué sur plusieurs milliers de serveurs, le pool d’œuvres publiques étant comme une bibliothèque géante et globale, à cela près que les œuvres ne pourraient jamais être dégradées par le temps et la bibliothèque détruite (d’où mon truc avec F451 : non seulement tu ne pourras plus brûler de papier, mais la suppression d’un bouquin numérique sera rendue impossible par l’ouverture du fond, sa déconcentration et sa décentralisation).
Je sais pas si tu comprends bien l’idée, il faudrait que j’en fasse un long article chez moi, avec forces diagrammes. Je réfléchis depuis suffisamment longtemps à la question pour être à peu près sûr d’avoir répondu à toutes mes objections personnelles sur un tel sujet, et donc peut-être à plein d’objections. Maintenant, est-ce que ce genre de projet est réalisable, c’est une autre question. Mais si je peux aider, je ne dis pas non.
Date : 2 juin 2010
Catégorie : Citations
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Pourquoi un iPad et un Mac mini sont le futur de mes besoins informatiques

Three years ago when I bought the iMac, I dismissed the mini as too weak and actually looked at a Mac Pro. At one point, I thought about going to a “one Mac” solution and getting a 17” MacBook Pro, but the arrival of the iPad has made me totally reevaluate my computing needs and realize that — at least for me — a desktop powerful enough for my needs (which today’s Mac mini is) plus an iPad is a better trade off than a powerful portable computer.

Je me suis longtemps fait la même réflexion sur l’utilité ou non d’un Mac Pro — le Mac mini, finalement, répond parfaitement à mes besoins, même s’il finira par avoir le droit à son SSD avant la fin de l’année.

Hier, le MacBook Air est parti vers de nouveaux horizons. iPad et Mac mini sont donc la base de mon système informatique (je ne compte pas le serveur sous Linux qui prend la poussière). Je les utilise exactement comme dit Steve Jobs : le Mac mini est le hub digital autour duquel tourne l’iPad (Steve Jobs, interview à la D5), et le Mac mini est un camion, station de travail qui n’est utile… que lorsque j’ai besoin de multitâche (Steve Jobs, interview à la D8). Ce qui ne veut pas dire que je ne travaille pas avec l’iPad : je l’ai déjà dit, l’effet tunnel du monotâche de l’iPad rend productif.

Je vous ai dit que je pense qu’Apple tient quelque chose ? ;-)

TUAW via Minimal Mac via Léo

Date : 1 juin 2010
Catégorie : Liens

Au sujet de l’iPad

Vous aurez peut-être remarqué, chers trois lecteurs, que depuis que je suis entré en possession de l’iPad, je suis resté relativement silencieux, au plus grand plaisir de vos yeux (chez certains, ça vire à l’obsession).

C’était pour mieux en parler ailleurs :

Date : 23 mai 2010
Catégorie : Photo

Trucs et astuces pour le Canon S90 : 1er épisode

Puisque j’ai décidé de me passer de reflex pendant quelques temps, autant apprendre à mieux connaître mon compact, un Canon S90 (lire : Canon S90 : premières impressions). Après tout, la plupart des photos que j’ai pris ces trois derniers mois en sortent.

Je me suis donc décidé à lire le p**ain de manuel[1], et figurez-vous qu’on y trouve pas mal de choses — du coup, entre le manuel et mon parcours des menus, je vais m’amuser à publier quelques trucs et astuces pour le Canon S90, même si je doute que cela serve à grand monde.

On va commencer par la balance des blancs personnalisée, une fonction assez rare sur les compacts (et d’ailleurs une fonction assez rare tout court). Ce truc se trouve dans le menu qui s’affiche en appuyant sur le bouton au centre de la roue codeuse, puis en allant dans le menu de la balance des blancs (AWB), et enfin dans « Personnalisé ». Vous l’avez trouvé, malgré mon GPS des menus complètement à la ramasse ? C’est bien.

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En tournant la roue placée autour de l’objectif, vous tirez sur une dominante soit bleutée, soit rouge. En appuyant sur le bouton « DISP », vous pouvez aussi utiliser la roue codeuse pour tirer sur le vert ou sur le magenta.

Je vois un usage à cette fonction en mode couleur, pour la photo sous-marine, où la balance des blancs doit être constamment réajustée selon la profondeur (et ne peut pas être retouchée en post-production, la faute à l’absorption des dominantes colorées par l’eau). Et évidemment, un vrai paradis pour les expérimentateurs de tout poil.

J’en vois évidemment une autre en noir et blanc, où je mets le rouge à +2 ou +3, histoire de m’aider un peu à obtenir du contraste, presque comme du temps des filtres. Bref, une fonction un peu planquée, et pourtant fort utile.



[1] voir RTFM (Read the eFfing Manual)

Date : 23 mai 2010
Catégorie : Geek !
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Gros bêta

MobileMe Mail bêta. Qui ressemble quand même vachement au client mail de l’iPad.

Et qui est le deuxième service en bêta d’Apple, après iWork.com. Service. Dans le nuage. Alors qu’Apple vient de finir de construire son nouveau data-center, un de plus gros inaugurés ces dernières années. Moi je vous dis, le nuage (et pas que celui qui est sur l’icône d’iDisk), c’est le prochain mouvement d’Apple. Et MobileMe en est le moteur.

Date : 20 mai 2010
Catégorie : Photo
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Je veux un télémétrique numérique [MàJ]

J’avais préparé tout un texte pour justifier ce titre, et puis au final non, pas besoin de m’expliquer, les amateurs de photo me comprendront : je veux un télémétrique numérique, ou au moins un compact avec un bon viseur et une bague de mise au point vraiment fiable. Ce n’est quand même pas un monde que de me faire ça, non ?

PS : pas la peine de citer Sigma, Olympus ou Panasonic comme réponse à mon dilemme photographique. Il faudrait combiner les trois modèles que vous avez en tête pour faire l’appareil de mes rêves. En attendant, je retourne au S90, en essayant de trouver un moyen pour utiliser son mode de mise au point manuelle de manière fiable. Le reflex, lui, va passer une troisième semaine sur l’étagère, à prendre la poussière. Faudrait penser à le ranger.

Edit de la nuit, parce que la nuit porte conseil, c’est bien connu. En fait si, citez Sigma, Olympus ou Panasonic. Parce que le viseur, je n’en ai besoin qu’en plein soleil, et dans la rue, j’utilise de toute manière une focale fixe, donc un viseur optique suffit. Et la Fnac fait de super réductions sur les Olympus Pen EP-1, ces derniers temps (ça déstocke). Bon, tester ça au plus vite…

Date : 20 mai 2010
Catégorie : Photo

Madame…

Madame — 20100519 [Places], originally uploaded by anthonynelzin.

La royauté moisie avait besoin d’un coup d’antifongique.

Si je ne me trompe pas, il s’agit de la statue d’Anne de Beaujeu — en fait, je sais que je ne trompe pas, j’ai suffisamment bien lu mes Mémoires de Commynes (allô Léo ?) pour la connaître, la demoiselle, fille « la moins folle » de Louis XI.

Pour les non-parisiens, nous sommes évidemment au jardin du Luxembourg, un des endroits les plus agréables de Paris lors d’une belle après-midi de printemps, quoiqu’un peu trop couru…

Date : 18 mai 2010
Catégorie : Geek !
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L’iPad est un ordinateur portable si bon que je revends mon MacBook Air

Heading out of country to do some reporting last week, I realized that I had to make a decision: fire up the laptop again and carry all five pounds of it through multiple flights on turboprop puddle jumpers, or take a leap of faith that I could do everything I needed to do with the iPad.

— Joël Johnson, « The iPad Is Such A Great Travel Computer I’m Selling My Laptop », Gizmodo US

Allez lire cet article, l’auteur expliquant pourquoi son ordinateur portable est resté à la maison depuis qu’il a l’iPad.

Je suis obligé de faire le même constat : depuis que j’ai l’iPad, le MacBook Air ne me sert absolument plus à rien (si, à faire quelques conversations Skype ces derniers temps, parce que mon micro-casque ne fonctionne pas avec mon Mac mini).

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